Atelier
Modèle régénératif : Des territoires aux logements

- les dynamiques permettant une meilleure prise en compte du vivant et des milieux
- les modèles économiques de la production de logement pour produire des logements abordables et de qualité
- les modèles d’implication des habitants pour la réappropriation de leur lieu de vie et le renforcement des liens sociaux (quartier, logement, tiers-lieux...)
En ce début 2026, VAD vous propose un point d’étape pour partager ses travaux.
Cet atelier de restitution et de travail est l’occasion de mobiliser l’écosystème régional travaillant sur les approches régénératives et les modèles économiques pour croiser les réflexions. Les participants pourront partager leurs actualités sur le sujet et leurs actions prévues sur l’année pour travailler en coopération et faire émerger les complémentarités.
- Des territoires à ménager avec le vivant, Daniel SCHOEN - AAGROUP - Coprésident de VAD
- Logements et habitats : Quels modèles pour demain ? Approches économiques et régénératives, cartographie et enseignements de l’enquête conduite par La CO-Lab’
- Mise en situation pour une expérience régénérative (l’Entreprise Symbiotique)
- Partage des dynamiques de chacun, point d’étape et projets 2026
Synthèse de l’atelier
Daniel Schoen a partagé sa vision de l’urbanisme régénératif tirée de ses lectures et de ses formations dans le but de confronter sa vision avec celle des membres du réseau qui se posent les mêmes questions :
- Comment réaliser des projets réellement bénéfiques à tous les vivants ?
- Que veut dire régénératif ? que régénère-t-on exactement ?
- Pour qui construisons-nous ?
- Quels sont nos leviers d’action face aux poids des politiques publiques et des financements qui semblent aller à l’encontre d’un modèle régénératif ?
Quelques réalités qu’il fallait réussir à exprimer :
- En réduisant les risques, les professionnels de l’aménagement sont dans la croyance de « bien faire », d’être « exemplaires » ; en réalité, ils maintiennent un système en place qui asservit le vivant pour continuer de faire fructifier un système capitaliste et extractiviste
- Régénérer c’est aller plus loin que réparer (stratégie éviter, réduire, compenser) ou préserver (zéro artificialisation nette, espaces naturels protégés etc.), c’est activer des impacts positifs nets pour tous les vivants. Est-ce seulement possible ?
Daniel Schoen a proposé 4 pistes d’action :
- Créer une nouvelle alliance entre professionnels et territoire : décloisonner, encapaciter les habitants et habitantes pour être acteurs et actrices de leur milieu de vie. Les professionnels sont-ils prêts à travailler à livre ouvert pour installer la confiance ?
- Créer une nouvelle alliance entre économie, biosphère et sociosphère : « utiliser la performance technique des outils seulement au service de la robustesse des milieux de vie »
- Créer de nouvelles alliances entre biosphère et sociosphère : ne plus opposer culture et nature !
- Penser global et permettre à chacun d’agir local et d’être adaptable pour demain : être en capacité de faire le lien en permanence entre le court terme et le long terme, entre le local et le global, pour ne jamais céder à l’entre-soi.
Les participants les ont exploré ces pistes à travers des groupes de travail dédiés. Sans surprise, ils repartent avec beaucoup de questions en tête, de quoi nourrir les réflexions de chacun et chacune.
- En premier lieu (en termes de quantité d’idées et de questions soulevées), c’est le rapport au temps et à l’espace qui est questionné : quel est le rapport de force entre les échelles de temps et d’espace ? Laquelle doit prendre le pas sur l’autre pour prioriser ? Doit-on construire des bâtiments durables ? Ou prévoir la déconstruction, voire la décomposition du bâtiment ? Doit-on voir le bâtiment comme une banque de matériaux (BAMB) ? Un bâtiment adaptable et donc durable est-il un bâtiment que l’on peut déconstruire et reconstruire à l’infini ?
- Ensuite, ce sont nos liens sociaux et aux êtres vivants qui sont à leur tour questionnés : les participants ont insisté sur l’implication des usagers le plus tôt possible dans un projet, notamment les personnes les plus fragiles qui sont aussi les plus difficiles à toucher, comment faire ? Les liens sociaux sont peut-être la clé pour massifier des idées ou des projets par le sentiment d’appartenance (à un lieu et à une communauté) que ça génère et le sentiment d’être capable de faire des choses ensemble. C’est un levier puissant. Pour le lien aux autres êtres vivants, force est de constaté que c’est le trou dans la raquette : tout le monde (ou presque) est capable de sortir un projet qui intègre intelligemment la biodiversité mais comment peut-on dire qu’un projet a réellement permis de régénérer la vie ? qui peut l’affirmer ? quels sont les critères ?
Cet atelier consistait en une première entrée en matière pour se confronter, entre professionnels, aux limites du modèle dans lequel nous travaillons. Ca a été l’occasion de faire le point sur la manière d’avancer individuellement ou collectivement pour progresser vers un modèle régénératif.
Nous vous proposons de nous retrouver une prochaine fois pour analyser des projets au regard de la boussole de la « Régénération des territoires habités » créées par Daniel Schoen.
Vos contacts chez VAD : Lisa Teyssier et Claire Topin
